114eme bataillon de marche de chasseurs alpins


Les sous-officiers de la 3eme compagnie du 114eme BCA.

Le bataillon est formé le 10 mars 1915 à Pérouges dans l’Ain à partir d’éléments provenant des 11eme, 13eme, 14eme, 28eme et 30eme BCA. Le premier chef de corps est le capitaine Beynet, rapidement remplacé le 22 mars par le chef de bataillon Riet (provenant du 2eme régiment étranger).


Le 13 avril il s’embarque pour Gray, puis le 8 mai il cantonne au camp de Corcieux. Il fait partie de la 5eme brigade de chasseurs aux ordres du général TROUCHAUD.

Mai – août 1915 : Les Vosges – le Barrenkopf

De mai à juillet, le bataillon occupe les tranchées du secteur Pairis – Wettstein (près du Lac Noir).

Le 21 juillet, il reçoit l’ordre d’attaquer le Barrenkopf. Le bataillon monte à l’assaut, il est littéralement décimé, presque tous les officiers et sous-officiers sont morts ou hors de combat, seuls quelques hommes parviennent jusqu’aux tranchées allemandes. Pour éviter l’anéantissement, le bataillon doit se replier sur ses positions de départ. Le chef de bataillon Riet a été tué, c’est le capitaine Bosc qui prend le commandement.

Bilan : 13 officiers et 442 sous-officiers et chasseurs tués.

Le bataillon part ensuite en repos et se reconstitue pendant plusieurs semaines, puis est acheminé sur le front de Champagne le 28 septembre.


Septembre 1915 – juin 1916 : la Champagne, l’hiver dans les Vosges.


Depuis le 29 juillet 1915, le bataillon appartient à la 129eme Division du général Nollet.

Il arrive en Champagne pour appuyer l’offensive qui s’y déroule. Il est en ligne dès le 29 septembre, au nord de Souain, dans la tranchée des « Tantes ». Sous un très violent feu d’artillerie, il effectue deux attaques partielles. Relevé le 3 octobre, de nouveau en ligne le 14, il organise la position de l’Epine de Védégranges. Ce séjour en Champagne coûte au bataillon 67 tués et 228 blessés.

Il retourne alors dans les Vosges ou il se reconstitue et complète son instruction. Il passe une partie de l’hiver à la Tête de Faux et est rattaché à la 47eme division d’infanterie. Mais l’offensive allemande sur Verdun nécessite son envoi dans ce secteur à partir de juin 1916.

Juin – juillet 1916 : Verdun


Le bataillon est embarqué pour Verdun le 6 juin 1916. Après quelques jours de repos au fort de Verdun, il monte en ligne le 21 juin. Deux compagnies occupent une ligne intermédiaire en soutient au 121eme Chasseur. Le reste du bataillon se rend le 22 juin au « bois des vignes » pour relever les unités d’infanterie. Après une progression très pénible de nuit, sous les gazs, le bataillon est en ligne quand au petit matin l’ennemi attaque. Le 114eme contre-attaque et prend de flanc l’offensive allemande. Les allemands refluent en désordre sur Fleury.

Le bataillon reste en ligne jusqu’au 30 juillet, terré dans des trous d’obus, sous un bombardement incessant, avec un ravitaillement en eau et en nourriture qui n’arrive pratiquement pas.

En une semaine à Verdun, le bataillon perd 2 officiers et 60 chasseurs, et à 4 officiers et 562 chasseurs disparus ou blessés.


Août 1916 – mai 1917 : Bois le prêtre, la Somme, les Vosges.


Après 15 jours de repos, il tient le secteur du Bois le prêtre jusqu’au 2 octobre 1916.

Puis il part pour plusieurs semaines de repos près de Toul ou il complète ses effectifs et parfait son instruction.

114eme_de_marche_1
Novembre 1916. Un groupe de quatre hommes du 114ème bataillon de marche de chasseurs alpins. Emouvant texte au verso : "Chère maman, [...] je me suis fais photographier dernièrement avec quelque copains des anciens du 10ème comme moi [...]. Il est vrai que si cela continue, avec des tueries comme on en fait en ce moment, bien d'autres y passeront encore [...]."

Puis il embarque pour la Somme ou il tient le secteur Barloux – la Maisonnette jusqu’en janvier 1917.

Il est alors transporté dans les Vosges. En secteur jusqu’en avril 1917, il tient la Fontenelle, puis le col de la Chapelotte. Après trois semaines au camp d’Arches, il est embarqué pour le front de l’Aisne. Il quitte alors la 129eme DI.


Juin – décembre 1917 : Front de l’Aisne.


Le 8 juin, il est en secteur au Chemin-des-Dames. Jusqu’au 14 juillet, le secteur est relativement calme. Le 14 au soir, très violent bombardement sur les tranchées, suivi d’une attaque allemande, qui est repoussée.

Rattaché à la 151eme DI, le bataillon participe à une attaque de cette division sur Hurtebise le 31 août. Tous les objectifs sont atteints, voire dépassés, et les 2eme et 3eme compagnies du bataillon sont citées à l’ordre du corps d’armée.

Ensuite il occupe pendant deux mois le secteur du bois d’Holnon, puis pendant un mois il assure le service de la place de Noyon.


Janvier – novembre 1918 : l’Alsace, la Champagne, Montdidier, les Flandres, la Belgique.


A la fin de l’année 1917, on l’embarque pour l’Alsace ou il rejoint le 33eme CA et la 70eme DI. Il forme avec le 42eme et le 44eme BCP le 17eme groupe de chasseurs aux ordres du Lieutenant-colonel Bourgaud.

Après avoir tenu le secteur de Balchviller du 17 au 25 janvier 1918, il est relevé et rejoint le camp de Monthureux-sur-Saône pour une période d’instruction. Puis il est transporté en Champagne.


"Le 8 février 1918. Souvenir de Monthureux-sur-Saône, Vosges. un jour étant de garde."

L’offensive Ludendorf se déclenche en mars 1918, le 114eme BCA est dirigé à partir du 26 mars sur Montdidier ou la situation est très difficile : l’ennemi occupe Montdidier, l’armée anglaise a battu en retraite. Le bataillon établi rapidement une ligne de résistance. Au petit matin l’ennemi attaque massivement mais le bataillon tient et repousse 4 attaques dans la journée.

"Le 30 mars, à 6h00 du matin, après une longue préparation d'artillerie, et sous la protection de grandes masses de mitrailleuses, l'ennemi attaque furieusement ; deux fois il est repoussé. A la chute du jour, il tente encore à deux reprises d'enlever la position, chaque fois après une préparation de feux de la plus grande violence. Malgré la situation difficile ou se trouve le 114eme Bataillon dans le bois de Vaux formant pointe avancée de la défense, les attaques sont brisées et la position gardée intacte.Les Allemands ne tenteront plus rien sur ce point et le général TANTOT pouvait dire aux officiers du Bataillon "qu'en ces journées, la 70eme DI avait sauvé la France".


"Le 19 mai 1918. Souvenir des Vosges. Honneur aux Savoyards."

En mai 1918, le bataillon est en repos à Remiremont, puis repart dans les Vosges occuper Arnould, Sainte-Croix-aux-Mines, et le secteur de la Cude (mai/juin 1918).

Le 18 juillet c’est l’armée française qui passe à l’offensive, et le bataillon est envoyé dans les plaines du Nord. Le 7 août il débarque à Fournival et est engagé dans la région de Plémont. Le 13 et 14 août, il se heurte à une résistance acharnée des allemands dans le bois de Facq.

En août 1918, le 114eme BCA connaît de graves actes collectifs d'indiscipline.

En réserve jusqu’au 27 août, il attaque à nouveau sur la Divette et à la fin de la journée a atteint le sommet de la montagne de Porquericourt. Le lendemain, il se heurte à nouveau à une résistance acharnée de long du canal du Nord, mais le canal est tout de même franchit. Pendant ce temps une autre compagnie du bataillon a enlevé les villages de Beaurains et Bas-Beaurains. Le bataillon est cité à l’ordre des armées.

En réserve jusqu‘au 5 septembre, le bataillon reprend la poursuite à Héronval, Crépigny, Béthancourt, et Caumont.

Le 30 septembre, il débarque en Flandre française et entre en Belgique le 1er octobre. Il passe en ligne le 24 octobre à Nevelle, le long de la Lys canalisée. Le canal est finalement franchi le 2 novembre.

Au moment de l’Armistice, le 114eme BCA est Cleytock ou il vient de se reconstituer.

Il a obtenu 2 citation à l'ordre de l'armée et le droit au port de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre. Il est dissout le 1er avril 1919.


Un sous-lieutenant du 114eme de marche de chasseurs alpins. Gros plan sur les pattes de col et les décorations de cet officier. La médaille militaire indique probablement qu'il est issu du corps des sous-officiers. Puis viennent la Croix de guerre et la médaille coloniale avec deux agrafes.


Chefs de corps
1915Capitaine BEYNET
1915Chef de bataillon RIET
1915Capitaine BOSC
1915
Chef de bataillon SANCERY
1915-1916Chef de bataillon LE HAGRE
1916 Capitaine VERON
1916Chef de bataillon DESSOFY DE CSERNECK ET TARKO
1916-1918 Chef de bataillon GENET
1918Chef de bataillon  GUILLAUD
1918-armisticeCapitaine LEBLANC

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