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| Hiver
1914-1915. Ces officiers des 28eme, 68eme, 6eme BCA, et un
sous-lieutenant de chasseurs forestiers sont dans les Vosges. Des peaux de
chèvres leur ont été distribuées par l'intendance. |
Au moment de sa mobilisation, le 28eme BCA est stationné à Grenoble. Il est commandé par le Lieutenant-colonel Hochstetter qui, gravement malade, ne partira pas en campagne avec la bataillon.
Le 28eme BCA, qui venait partir en manœuvres dans le briançonnais le 9 juillet 1914, reçoit l’ordre de mobilisation le 2 août vers 16h00. Dans un premier temps il est gardé face à la frontière italienne, puis devant l’attitude neutre de l’Italie, il est finalement embarqué le 10 août, puis débarqué le 12 dans les Vosges. Il est aux ordres du Lieutenant-Colonel BRISSAUD-DESMAILLET.
OPERATIONS EN ALSACE (12 août 1914 – 13 juillet 1916)
de Masseveau à Colmar,
combat d’Ingersheim,
Orbay,
la Poutroye,
le replis : combat de la Capelle, les hautes huttes, le lac blanc.
le col du Bonhomme, la
tête du Violu, le col de la Cude, la tête de Faux.
Le 10 septembre, le chef
de bataillon COQUET (adjudant-major au bataillon) remplace le
lieutenant-colonel BRISSAUD-DESMAILLET qui prend le commandement d’un
groupe de chasseurs (13e, 22e, 28e,
30e BCA).
Les Vosges, suite (24 décembre 1914 – 25 juillet 1916) :
l’Hartmannswillerkopf (25 décembre 1914 – 20 janvier 1915),
le bois de Wattwiller (24 janvier 1915),
Breitfirst,
le Schnepfenriedkopf (avril 1915),
cote 1025 et cote 955 (20 avril – 29 mai 1915),
Metzeral et Sondernach (21 juin 1915),
cote 664 et le Kioske (22 juin – 29 juin 1915),
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| Au verso le chef de fanfare Roby inscrit : "J'ai l'air de je ne sais pas quoi avec cette marmite sur le crâne", |
les attaques de décembre 1915 – janvier 1916 : l’Hirzstein, l’Hartmannswillerkopf, retour à Metzeral, le grand ballon de Guebwiller, départ de l’Alsace.
LA SOMME (23 août – 12 novembre 1916).
Tranchées de Marrières,
Bouchavesnes,
Bois de Saint-Pierre-Waast : dans la nuit du 3 au 4 novembre 1916 le bataillon y relève le 72e RI. « Le temps est affreux : il pleut sans cesse, et le sol est un cloaque de boue gluante. Les tranchées sont converties en ruisseau ou l’on patauge jusqu’au genoux. […] Le bataillon doit attaquer le 5 novembre à 11h10 le bois de Saint-Pierre-Waast. La pluis tombe toujours… pour avancer sur ce sol glissant, il faut faire des efforts inouïs. A chaque pas on s’enlise, et l’on traîne, après ses chaussures, des blocs d’une terre grasse et jaunâtre. […] Quand l’heure sonne de s’élancer à l’assaut, le 28e sort bravement de ses parallèles, sans se soucier des formidables obstacles qu’il va avoir à surmonter. […] Les deux compagnies de gauche sont arrêtés net à 50 m en avant des parallèles de départ. […] Les unités de droite du bataillon, qui ont progressé légèrement, se trouvent isolées, sans liaisons possibles. Tout homme qui tente de bouger est impitoyablement frappé. […] Le commandant COQUET, parti derrière les vagues d’assaut, ne donne pas de ses nouvelles. Blessé d’une balle à la jambe, il reste toute la journée dans un trou d’obus, aux côtés d’un sergent tué d’une balle au front, et du sergent BOCON, de la 3e compagnie, avec lequel il fait le coup de feu, jusqu’au moment ou l’obscurité de la nuit lui permet de rejoindre son poste de commandement. ».
Le bataillon se
reconstitue à Chantilly.
Le 11 novembre, le
commandant Coquet, promu à un grade supérieur, laisse
le commandement du bataillon au commandant PRUDHOMME.
Offensive du 16 avril 1917 : le bois de Beaumarais.
Contre-attaque sur le plateau de californie (3 juin 1917), Craonne.
Revue du 14 juillet à Paris.
La tranchée de la Gargousse (30 juillet 1917).
Le ravin des Bovettes, la Malmaison, (23 – 28 octobre 1917).
Le 1er novembre, le bataillon est mis en repos sur Montjustin et se reforme avec des éléments des 46e et 57e bataillons de chasseurs, dissous.
VOSGES ET PICARDIE (décembre 1917 - août 1918) :
Secteur de l’Hartmannswillerkopf, le bois de Wattwiller, le Südel (décembre 1917-mars 1918).
Combats de la vallée de l’Avre : Hailles (mai 1918). Bois de Sénécat (juin 1918).
Repos du 3 au 11 juillet puis le 12 juillet il passe à l’attaque du village de Castel à la gauche du 68eme BCA. Tous les objectifs sont atteints, et ces mois d’efforts valent au bataillon une citation à l’ordre du 9eme CA :
« Bataillon d’attaque dont son valeureux chef, le commandant Prudhomme, sait obtenir, par son ascendant personnel, des résultats merveilleux. Après s’être distingué dans les combats du 14 mai, a pris une part importante aux opérations du 27 juin qui ont définitivement libéré le bois Sénécat ; les a couronnées le 30 par une action aussi vigoureusement menée qu’habilement préparée qui nous a rendu maître d’une ligne donnant un commandement important sur la vallée de l’Avre. ».
Le 23 juillet il participe à une nouvelle attaque en direction de Morisel.
Le 8 août, grande attaque avec toute la 66e DI sur Moreuil :
« A 4h20 se déclenche brusquement la préparation d’artillerie, et à 5h11, par un brouillard rendu plus intense par un tir d’obus fumigènes, le bataillon s’élance à l’attaque. L’ennemi réagit très violemment dès le début du tir de notre artillerie, et c’est au milieu de violents barrages que le bataillon progresse avec rapidité et décision. Il colle étroitement au barrage roulant et effectue sa progression de point en point comme le plan d’engagement l’avait prévu. Le terrain marécageux ajoutent encore aux difficultés du brouillard, et les compagnies doivent progresser à la boussole, au jugé, à l’oreille. Grâce au sang-froid des gradés, personne ne s’égare et résistances sont rapidement réduites, notamment à la ferme Lespinoy et au ravin de Wilhelm. Les prisonniers affluent et les mitrailleuses capturées sont nombreuses.
Le barrage ennemi devient irrégulier, mais se concentre plus particulièrement, par des rafales courtes et nombreuses, autour de la ferme Lespinoy, des baraquements, et du cimetière.
La liaison avec la 37e DI est constamment maintenue, et l’investissement de Moreuil commence dès 6h20. L’ennemi oppose à l’entrée du village une résistance acharnée. La section de l’adjudant Roche s’infiltre dans les rues par l’ouest tandis que le reste du bataillon fixe de ses feux les résistances ennemies au nord et au nord ouest. Les sapeurs du détachement de lance-flammes, soutenus par la 3eme compagnie, nettoient les premières maisons et la progression commence à travers les rues du village ou livrent, des combats acharnés de maisons en maisons. La 3e compagnie c’est emparée de 4 minenwerfer, et de leurs 25 servants parmi lesquels un officier. Peu à peu, les îlots de résistance sont conquis. La liaison à droite avec le 68e, rendue très difficile par de nombreux obstacles et nids de résistance situés sur la voie ferrée et sur la rive droite de l’Avre, s’établie solidement à la hauteur de la station.
L’objectif final est rapidement atteint et le 28e donne la main au 68e sur la place centrale de Moreuil, à l’hauteur de l’église. Il est 9h00.
Le bataillon a perdu 5 tués et 13 blessés. Il a capturé pendant sa progression :
311 prisonniers (dont 5 officiers) ;
8 minenwerfer ;
18 mitrailleuses ;
26 granatenwerfer ;
1 fusil anti-tank
et un dépôt de munitions et de matériel du Génie.
[…]
Moreuil ! Ce bourg que le bataillon avait contemplé, si coquettement étagé sur la rive droite de l’Avre, n’était plus qu’un monceau de tuiles et de briques, où s’entassaient ça et là de nombreux cadavres de boches, cloués sur leurs mitrailleuses encore chaudes. Car les boches avaient accumulés leurs engins à tous les carrefours, a tous les coins de rue, jusque dans les ruines du clocher, et, il avait fallu, pour les réduire, ramper, se faufiler derrière les pans de murs, malgré les coups de fusils partant des soupiraux, et la lutte avait été sans merci. On n’avait pas fait de quartiers, on n’en avait pas eu le temps, il fallait avancer à tous prix et ne rien laisser derrière soi. ».
Le bataillon obtient ainsi suite à la prise de Moreuil une nouvelle citation à l’ordre du 31e CA : « Corps d’élite. Ne connaît que le succès. Sous le brillant commandement du commandant Prudhomme, vient encore de donner une preuve de sa redoutable puissance offensive en enlevant d’un formidable élan un village transformé en forteresse, capturant 311 prisonniers, 18 mitrailleuses, et 34 canons de tranchées.
Signé : TOULORGE. »
L'AISNE (27 août - 13 septembre 1918) :
Montécouvé,
ferme Moisy, Vauxaillon. Le commandant PRUDHOMME est grièvement blessé
le 2 septembre et évacué. Il est remplacé le 10 septembre par le
commandant MASSON, venant du 41e BCP.
BATAILLE DE GUISE (octobre - novembre 1918) :
Le petit Verly
Oisy
Le canal de la Sambre à L’Oise.
L’armistice
Dès octobre 1916 le 28e BCA obtient le port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre, à laquelle il substitue en octobre 1918, la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire pour ces 5 citations à l’ordre de l’armée.
| Chefs de corps | |
| 1914 | Lieutenant-colonel Hochstetter |
| 1914 | Lieutenant-colonel Brissaud-Desmaillet |
| 1914-1916 | Capitaine puis chef de bataillon Coquet |
| 1916 | Capitaine de Grouchy |
| 1916 | X |
| 1916-1918 | Chef de bataillon Prudhomme |
| 1918 | Capitaine de Guillebon |
| 1918-armistice | Chef de bataillon Masson |