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| Le
lieutenant Guilhot en 1915 en captivité. Il porte encore la tunique aux
chiffres du 24eme BCA, preuve qu'il est issu de ce bataillon. Il arbore également une croix de guerre avec palme, certainement en récompense de son action à la ferme de Confrécourt. |
A l’entrée en campagne du bataillon, le lieutenant Guilhot (ou Guillot) est affecté à la 8eme compagnie.
Durant la bataille de l’Aisne, le 20 septembre 1914, à la ferme de Confrécourt, le lieutenant Guilhot se distingue.
L’historique du 64eme BCA nous livre le récit de cette journée :
« Le 20 septembre 1914, le bataillon est engagé dans le ravin de Hautebraye ; il reçoit, en pleine bataille, l’ordre d’abandonner ses positions, et de se porter sur le plateau de Confrécourt, où l’ennemi vient de bousculer un régiment d’infanterie. Quoique ayant déjà reçu des renforts, le bataillon est à l’état squelettique et a perdu la plupart de ses officiers ; l’artillerie a usé toutes ses munitions pour arrêter l’attaque ennemie ; il s’agit de franchir, sans appui d’artillerie, un véritable billard de 1500 m pour atteindre la première tranchée allemande. L’artillerie ennemie n’a pas encore eu le temps de se déplacer et ne peut gêner notre avance. Les vagues d’assaut progressent, par bonds, sous le feu de nombreuses mitrailleuses, les premières patrouilles, arrivées à 400 m de l’objectif, signalent que la tranchée est déjà occupée par l’infanterie française, dont on aperçoit des éléments. Cependant les mitrailleuses continuent à faucher nos rangs. Serait-ce une méprise ? Les patrouilles s’approchent de la tranchée, aperçoivent, sur le parapet, des fantassins français, servant de boucliers aux allemands, qui continuent leur feu meurtrier. Il faut donc donner l’assaut à la baïonnette, sans tirer un coup de fusil. Les clairons sonnent la charge, et dans un élan magnifique, le bataillon conquiert de haute lutte cette ligne de tranchée et la ferme de Confrécourt, tuant la plupart des occupants, faisant 194 prisonniers, et délivrant 85 soldats français prisonniers qui ne cessent de redire l’impression qu’ils emporteront de ce combat où un bataillon de chasseurs à repris les positions perdues le matin même par un régiment d’infanterie.
Suite à cet exploit mené par le lieutenant Guilhot, la 8eme compagnie du 64eme BCA est citée à l’ordre de la division le 8 février 1919 :
« Sous les ordres du sous-lieutenant GUILHOT, le 20 septembre 1914, sur le plateau de Vingré, par une manœuvre audacieuse, c’est emparée de trois lignes de tranchées, de la ferme de Confrécourt, capturant 194 prisonniers, et délivrant 85 soldats français prisonniers. »
L’événement est également relaté ainsi dans le JMO du bataillon :
« Arrivé à la cote 130, le feu est ouvert sur l’ennemi qui occupe le plateau de la cote 142 et la ferme Confrécourt. Après une vive fusillade, une marche en avant par bonds successifs, soutenue par le feu de notre artillerie, l’ennemi se retire sur Nouvron.
Une contre-attaque des allemands sur la ferme Confrécourt est repoussée ; la 8eme Cie qui était à la droite du bataillon en liaison avec le 321e regt d’infie, délivre 30 soldats du 321 qui avaient été faits prisonniers le matin et s’empare de 160 allemands qu’elle fait prisonniers. Pendant ce temps, un chasseur du bataillon, Roux Marcel, s’élance avec 6 chasseurs sur une tranchée situées à une centaine de mètres qui était encore occupée par les allemands avec des mitrailleuses, et parvient à s’en emparer, fait prisonnier les allemands occupant cette tranchée, (une douzaine) et s’empare de 4 mitrailleuses.
Le bataillon couche sur ses positions et occupe les tranchées au NE de la cote 130.
Cette journée nous a coûté 12 tués dont un officier le sous-lieutenant de réserve Raybaud, 92 blessés dont un officier, le sous-lieutenant de réserve Guilhot, et 22 disparus. ».
Revenant de blessure, le sous-lieutenant Guilhot rejoint son bataillon aux tranchées de Sainte-Marguerite (près d’Acy-le-Haut, Aisne) avec un groupe de renfort de 280 hommes le 12 novembre 1914.
Le 12 janvier 1915 à Crouy, le lieutenant Guillot est porté disparu dans les circonstances suivantes (extrait du JMO) :
« Dès le matin du 12, avant d’avoir pu se reconnaître dans le labyrinthe de tranchées qu’il occupait depuis la veille au soir, le bataillon est l’objet d’une vive contre-attaque allemande. Cette contre-attaque, commencée dès le lever du jour par un bombardement très intense sur toutes les tranchées, est ensuite continué par l’infanterie allemande qui se présente par masses, et bien que décimée par le feu de notre artillerie et de notre infanterie, se reforme constamment, continue d’avancer, et repousse un bataillon du 276e qui occupait les tranchées allemandes conquises la veille. Le 64e se trouve alors directement engagé et tient ses positions toute la journée, jusqu’au moment, ou, par suite de disparition du 60e régt d’infie qui était à gauche, il se trouve tourné et pris à revers par l’infanterie allemande. A 16h00, après avoir essayé de contre-battre la poussée allemande avec sa compagnie de réserve, le capitaine commandant donne l’ordre de se replier par cie sur le chemin de Crouy à Vauxrot. La 8e cie, moins 1 section, et la 7e et 10e cies ont pu se replier, mais la 9e cie et une section de la 8e, trop engagées n’ont pu se retirer à temps et encerclées ont été complètement anéanties ou faites prisonnières. 1 section de la 9e cie est parvenue à se retirer.
Le bataillon se reforme derrière le talus du chemin de fer, et à 22h00 vient occuper le chemin de Crouy à la Verrerie, avec ordre de s’y maintenir coûte que coûte. »
L’historique du bataillon indique quant à lui :
« Dans la nuit du 11 au 12, il prend position sur le rebord est de la cote 132, à l’ouest de Crouy ; la brigade marocaine a pris deux lignes de tranchées et un lacis impénétrable de boyaux, ou il ne sera pas possible de se reconnaître avant le jour.
Dès la pointe du jour, une préparation formidable d’artillerie ennemie bouleverse toutes les tranchées, coupe toutes les communications ; à 7 heures, les Boches s’avancent en colonne par quatre, précédés par des hommes sans armes et levant les bras ; ces colonnes sont prises sous le feu des 75 qui font un carnage terrible et dispersent les assaillants, mais l’ennemi disposant d’importantes réserves dans les carrières souterraines de Pasly, revient toujours à la charge.
A 10h00, le régiment qui est à notre gauche cède sous la pression de l’ennemi, qui arrive au bord du plateau.
Le bataillon résiste quand même sur place, dans l’espoir de voir déboucher une contre-attaque qui le dégagera. Mais l’ennemi, qui connaît parfaitement les lieux, continue son infiltration. Ordre est donné d’abandonner la position ; le repli s’opère sous le feu des positions que l’ennemi occupe sur la gauche du bataillon, et une centaine d’hommes ne peuvent se replier avant l’encerclement de la position ; ils résistent quelques heures, mais n’ayant plus de munitions, ils sont obligés de se rendre.
Le bataillon, réduit à l’effectif de 230 hommes, reçoit la mission de tenir coûte que coûte la route Crouy - la Verrerie. L’ennemi, qui ne se doutait pas qu’il avait devant lui des effectifs aussi réduits, ne tente pas l’attaque qui lui aurait permis de prendre Soissons sans aucune difficulté. ».
Le lieutenant Guilhot a donc été capturé et part en captivité avec ses compagnons d’armes eux aussi faits prisonniers ce jour là.
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