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Chronologie simplifiée des régiments d'artillerie de montagne :
| 1889-1910 | 1910-1923 | 1924-aujourd'hui |
| Batteries alpines du 2eme régiment d'artillerie | 1er RAM | 93eme RAM |
| Batteries alpines du 19eme régiment d'artillerie | 2eme RAM | 94eme RAM (1924-1940) |
L’artillerie de montagne est utilisée avant tout comme appui aux unités d’infanterie lors de déplacements en terrain difficile. Evoluant dans le contexte particulier du terrain montagneux, l’ennemi peut être embusqué sur un piton rocheux ou une contre pente qui rendent les angles de tirs sensiblement différents de ce qu’ils peuvent être en plaine. L’artillerie de montagne doit donc avoir des spécificités qui la rendent apte a l’efficacité dans ces conditions : matériel adapté, aussi bien du point de vue des munitions que de son transport, méthodes de tir différentes.
Evolution du matériel et de l’organisation :
Pendant la guerre d’Espagne, sous le 1er Empire, déjà les fantassins étaient suivis par des « batteries de montagne » utilisant des systèmes bricolés leur permettant de tirer leurs canons. Ce n’est qu’en 1828 qu’un matériel spécifique au transport en montagne est conçu : il s’agit d’un obusier de 12 du système Valée, composé de deux fardeaux de cent kilos portés par deux mulets. Ce matériel fût largement utilisé au XIXè siècle, en Algérie notamment. Il permettait soit l’utilisation d’un boulet creux, soit d’une boîte à mitrailles (puis schrapnel par la suite). La porté maximale était de 1000 à 1200 m (250 m pour la boîte à mitraille).
En 1858, apparaît le canon rayé de 4 de montagne.
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| Batteries alpines du 38eme régiment d'artillerie en 1883 | Batteries alpines du 35eme régiment d'artillerie en 1888 | Batteries alpines du 12eme régiment d'artillerie |
Le 80 de montagne, introduit en 1878, est progressivement remplacé par le 65 de montagne. Il s’agit d’un matériel à tir rapide, avec tube en acier a ressort. D’une portée de 5500 mètres, avec une cadence de tir de 10 à 15 coups minute, il permettait des angles de tir inférieurs à 45°, ce qui est particulièrement précieux en milieu montagneux pour atteindre les endroits difficiles d'accès. Le poids quand à lui, est sans cesse en augmentation : 400 kilos répartis en 4 fardeaux, toujours transportés à dos de mulets. Ce matériel est encore en dotation lors de la réforme de l’artillerie de montagne de 1910.
Les batteries de la 14ème région ne sont plus rattachées au 2ème RA mais deviennent à Grenoble le 1er régiment d’artillerie de montagne, comptant huit batteries dont la 4ème est stationnée à Albertville, et en 1913 les 2ème et 8ème au Maroc occidental. Quand aux batteries de la 15ème région elles forment à Nice le 2ème régiment d’artillerie de montagne, fort de six batteries de montagne et d’une batterie de campagne (la 7ème). Les 6ème et 7ème batteries étaient stationnées à Bastia. C’est avec cette organisation que les régiments d’artillerie de montagne entrent dans la guerre en 1914. Les batteries des deux RAM sont alors éclatées en batteries autonomes, comme éléments non endivisionnés.
Un élément essentiel de l’artillerie de montagne :
le mulet !
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| Lors de manoeuvres en 1911 à Arêches avec le 22ème BCA, les mulets du 1er régiment d'artillerie de montagne transportent les fardeaux des canons. |
Cet animal a contribué a faire entrer dans la légende les exploits des batteries d’artillerie de montagne. Fidèle compagnon, dont la vaillance et le pied sûr ont bien des fois permis les manœuvres les plus osées. Sa robuste constitution lui permettait de transporter des charges de plus de 150 kilos ! Il est surnommé « le brêle » depuis que les marocains avaient servi dans les unités de montagne.
Je ne résiste pas au plaisir de citer ici un extrait l’article du général Aublet au sujet du chargement et du déchargement du mulet :
« Le bâtage du mulet était une opération délicate car il fallait d’abord par le jeu de sangles bien placées et bien tendues assurer une parfaite cohésion du bât avec le dos du mulet sous peine de blesser ce dernier, ce qui aurait entraîné l’indisponibilité de l’animal. Le chargement du matériel sur les bâts s’effectuait ensuite au fur et a mesure de son démontage ; chaque fardeau était soulevé et littéralement projeté en l’air au moyen de leviers par trois ou quatre servants avant d’être délicatement posé sur le bât et solidement arrimé. Cela exigeait non seulement des servants grands et forts – le recrutement n’envoyait que des recrues mesurant au minimum 1,70 m – mais aussi une parfaite coordination de leurs mouvements pour ainsi manipuler les fardeaux pesant presque tous plus de 100 kilos.
Le déchargement de la pièce et son remontage s’effectuaient selon les principes inverses. Une telle opération pour le 75 M avec ces 7 fardeaux ne demandait guère que deux minutes entre le moment où la pièce se présentait chargée sur les mulets et l’ouverture du feu. Dans les démonstrations, après avoir remonté la pièce le chef de pièce allait prendre le tube (107 kilos pour le 75 M) et avec lui présentait « Arme » comme s’il s’agissait d’un simple mousqueton ; à sa suite chaque servant en faisait autant. Ce petit exercice n’était que le symbole des efforts que l’on pouvait demander aux artilleurs « alpins », dits par la suite « de montagne », dans la tradition de leurs anciens.
En montagne il n’est pas osé de dire que le mulet passait là ou l’homme avançait sur ces deux pieds. Marchant au bord des sentiers pour éviter de se cogner aux parois rocheuses, le mulet montait d’un pas rapide, 400 mètres de dénivelé à l’heure au lieu de 300 mètres pour un homme « moyen » ; s’il arrivait, rarement, que le terrain cédât et si la pente n’était pas trop raide, le mulet se mettait littéralement en boule, bât et matériel volaient en tous sens, et l’on retrouvait en général l’animal en bas de la pente, debout sur ses jambes, en train de brouter l’herbe. »
De 1889 à 1900 environ, les artilleurs alpins portent un dolman bleu foncé orné de sept brandebourgs de laine noire introduit dans l'artillerie en 1872. Numéro du régiment en drap bleu foncé ou noir découpé sur fond écarlate.
Le pantalon est :
soit le pantalon de bourgeron modèle 1882 pour troupes à pied, c'est le cas du sergent du 19ème RA à gauche. En toile de coton écru, il est porté normalement comme tenue de corvée au quartier, mais il est parfois aussi porté en montagne pour protéger les effets de drap, ou seul en été car d'un tissu plus léger.
soit le pantalon droit en drap bleu foncé du modèle porté par l'artillerie, avec deux bandes écarlates sur les côtés.
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| Un maréchal des logis d'une batterie alpine du 19ème régiment d'artillerie (photo de Griottier à Nice) | Jean-Baptiste Falque au 12ème d'artillerie à pied en 1896 (photo de Pineau à grenoble) |
A partir de 1900 environ, la tunique "ras de cul" modèle 1873 (une variante de la "ras de cul" modèle 1867 de l'infanterie) est portée, conjointement au béret orné d'une grenade. réalisée en drap bleu foncé, avec parements de manches en pointe et pattes d'épaules fixées à l'emmanchure, la fermeture s'effectuait pas l'avant au moyen de 9 petits boutons en cuivre ornées du motif de l'arme de l'artillerie (deux canons croisés). Collet droit de 35 mm de hauteur portant le n° de l'unité sur fond de drap écarlate.
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Artilleur
de première classe d'une batterie alpine du 2ème
régiment d'artillerie (photo de Léon à grenoble)
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| Un artilleur du 1er régiment d'artillerie de montagne (photo de Léon à Grenoble) | Un artilleur du 2ème régiment d'artillerie de montagne. | Une variante non réglementaire est observable sur la tarte de ce cannonier du 2ème régiment d'artillerie de montagne : la grenade est accompagnée du n° du régiment. |
Quelques tenues tenue particulières : (cliquez sur la photo pour plus d'explications)
| Tenue d'un officier du 1er RAM pendant la guerre 14-18 | Tenue d'un officier d'artillerie alpine | Une tenue fantaisie d'officier d'artillerie alpine | L'artillerie alpine à cheval |
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Vers les uniformes pendant la guerre 1914-1918